La domestication du chinchilla est récente, puisqu'en dehors d'animaux isolés, l'espèce n'a été élevée qu'à partir du début du
XXe siècle.
De 1895 à 1923 les tentatives d’élevage de l’une ou l’autre des espèces furent vouées à l’échec :
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Le chinchilla lanigera pour cause de maladie ou de stress,
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le chinchilla brevicaudata pour cause de faillite (les 300 individus obtenus furent vendus à l’export).
A partir de 1923, les chinchillas sont élevés en captivité avec succès par Mathias F.Chapman qui demanda l'autorisation au gouvernement chilien de capturer et de rapporter 11 individus aux États-Unis, dont 3 femelles. Ils sont donc issus de
chinchilla lanigera sauvages, capturés près de Potrerillos, bien que leur fourrure soit moins recherchée.
Les fermes d’élevage se sont multipliées ensuite de part le monde, malgré de nombreux déboires financiers pour les petits éleveurs.
Entre 1936 et 1946, à la connaissance du gouvernement chilien, 132 chinchillas furent achetés par les Etats-Unis et 40 par la Norvège.
Au début des années 50, au Chili, il y avait 4 principales fermes d’élevage totalisant 2000 chinchillas. On estimait que les fermes seraient rentables pour la fourrure à partir de 1000 femelles reproductrices et qu’alors les exportations de chinchillas pourraient cesser. A la même époque de nombreux pays européens comme la Norvège, l’Allemagne de l'Ouest, la Suède, la Suisse, le Danemark, l’Union soviétique ou l’Italie avaient des cheptels bien établis.
évolution de l'espèce en élevage
Les animaux d'élevage étant issus de deux espèces sauvages ce sont des hybrides. Au fil des années sont apparues des mutations successives qui justifient sa qualification d'animal domestique.
Les essais de réintroduction au Chili de chinchillas d’élevage (Mohlis 1983) ainsi que les tentatives d’introduction en Californie, Tadjikistan ou au Chili ont échoué jusqu'à présent (Jiménez,2006).
Problèmes génétiques
Le croisement des espèces sauvages entre elles a donné des mâles stériles et des femelles fertiles. On a pu croiser ces femelles avec les mâles des deux espèces mais les mâles de la portée obtenue sont stériles également (Morris, 1965).
Les élevages perpétuent l’espèce domestique, sélectionnée par croisement successifs avec toutefois des apports de rares individus des deux espèces sauvages (Jiménez).
Les coloris
De multiples variétés sont obtenues par croisements successifs.
Attention : Toutes les couleurs de chinchillas ne peuvent pas se reproduire entre elles. En effet, les mutants possèdent des gènes létaux qu’ils ne faut pas croiser. D’une manière général, les mutants dits “velours” (velvet en anglais) ne doivent pas être croisés entre eux. Il faut se méfier également du gène “wilson”. Un chinchilla standard peut se reproduire avec n’importe quelle couleur.
Elevage et éthique
Les conditions d'élevage du chinchilla, comme pour tout animal captif, doivent répondre à des normes minimales assurant son bien-être.
En 1994, des films montrant la mise à mort par électrocution génitale dans une ferme de Sonoma Valley, Californie, ont dénoncé la cruauté et la souffrance du procédé. L'association médicale des vétérinaires américains précise dans ses directives qu'un tel mode d'euthanasie ne devrait être pratiqué que sur des animaux déjà inconscients.
En 2001, une étude européenne (CCSBA) des élevages a dénoncé la cage standard comportant des sols grillagés comme ne correspondant pas à leurs besoins. Les chinchillas qui sautent se blessent en se cognant au plafond trop bas pour eux. Les animaux développent des conduites anormales comme l'automutilation : ils s'attaquent entre autre à leur propre fourrure en la mordant. La méthode de mise à mort pour les chinchillas est l'injection.
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En Suisse, une législation rigoureuse interdit l'élevage intensif en cages.
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Les Pays-Bas, puis le Royaume-Uni en 2003, ont interdit l'élevage du chinchilla.
La fourrure de l'Orylag ® issu du lapin Rex a une douceur et un coloris presque comparable. De plus sa peau est plus solide et plus grande que celle du chinchilla. L'INRA tente de la remplacer peu à peu dans la faveur des grands couturiers. D'autant plus que la chair de l'Orylag est appréciée, ce qui atténue pour certains les problèmes d'éthique.
Utilisation du chinchilla domestique
Le chinchilla domestique, issu d'élevages en captivité, est reconnu officiellement comme animal domestique par la législation française et internationale. Par conséquent, contrairement aux autres chinchillas, ce n'est pas une espèce protégée.
Fourrure
Ce serait le pelage le plus dense connu. Lorsqu'un follicule chez l'homme porte un poil, un follicule chez le chinchilla porte plus de 50 poils (Meadow, 1969). La douce fourrure du Chinchilla a failli causer sa disparition à l'état sauvage jusqu'à ce que son élevage domestique sauve l'espèce.
La Fédération Internationale de la Fourrure estime que 200000 peaux sont produites annuellement, dont une majorité par les élevages des USA. Une peau se négocie jusqu'à 98$ (IUCN 1994). Le Japon est le principal acheteur, suivi par la Corée du Sud et la Chine (IUCN 1994)
Animal de compagnie
Déjà à l'époque précolombienne, les Sud-Amérindiens Chinchas appréciaient le chinchilla comme animal de compagnie.
Le chinchilla n'est pas un bon animal de compagnie pour les enfants. En effet c'est un animal qui doit être manipulé avec soins car il a comme mécanisme de défense, utile dans la nature, de perdre des touffes de fourrure ou une partie de sa queue, lorsqu'il craint qu'un prédateur l'attrape. De plus, pour le garder en bonne santé, il faut respecter son rythme d'animal nocturne, surveiller son l'équilibre alimentaire et la température ambiante, et surtout lui offrir un grand espace vital : l'idéal serait une pièce entière.